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Accord de Paris
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L’Accord de Paris se présente comme l’accord international le plus complet sur le changement climatique, représentant une coopération mondiale sans précédent pour faire face à la crise climatique. Adopté lors de la COP21 en novembre 2015, cet accord historique unit 195 pays dans un engagement commun visant à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en poursuivant les efforts pour limiter l’augmentation des températures à 1,5 °C. L’accord est entré en vigueur en novembre 2016, établissant un nouveau paradigme pour l’action climatique internationale qui reconnaît la diversité des situations nationales tout en maintenant une ambition collective. Cependant, les progrès actuels révèlent d’importants écarts entre les engagements et l’action urgente nécessaire pour atteindre ces objectifs de température, les émissions mondiales continuant d’augmenter malgré les efforts politiques étendus des pays participants.
Comprendre le cadre de l’Accord de Paris et les objectifs de température
Structure centrale et participation mondiale
L’Accord de Paris est le fruit de décennies de négociations internationales sur le climat, représentant un changement fondamental par rapport aux approches descendantes précédentes vers un cadre plus inclusif intégrant tous les pays. Contrairement au Protocole de Kyoto, qui imposait des objectifs contraignants uniquement aux pays développés, l’Accord de Paris établit une participation universelle via les contributions déterminées au niveau national (CDN), permettant à chaque pays de fixer ses propres objectifs climatiques en fonction de ses circonstances et capacités nationales.
L’accord a été adopté par 196 parties lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat à Paris, avec une ratification rapide démontrant un engagement international sans précédent pour l’action climatique. Cette approche universelle reconnaît que l’action climatique mondiale efficace nécessite la participation de toutes les nations, quel que soit leur niveau de développement, tout en respectant le principe des responsabilités communes mais différenciées. Le cadre juridique combine des obligations procédurales contraignantes avec des objectifs volontaires, créant des mécanismes de responsabilité grâce aux exigences de transparence et aux évaluations régulières tous les cinq ans.
Objectifs de température et fondement scientifique
L’Accord de Paris établit un double objectif de température : maintenir le réchauffement mondial bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en poursuivant les efforts pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. Les preuves scientifiques du GIEC montrent des différences importantes entre les scénarios de réchauffement de 1,5 °C et 2 °C, le demi-degré supplémentaire entraînant des impacts beaucoup plus sévères sur de multiples dimensions, notamment les phénomènes météorologiques extrêmes, l’élévation du niveau de la mer et la perturbation des écosystèmes.
Les relevés de température récents soulignent l’urgence de ces objectifs, 2024 marquant la première fois où la température moyenne mondiale a dépassé 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels sur une période de douze mois. Bien que les scientifiques précisent que ce dépassement temporaire ne constitue pas une violation de l’objectif à long terme de l’Accord de Paris, ces tendances montrent à quel point la fenêtre pour atteindre l’objectif de 1,5 °C se referme rapidement. Le consensus scientifique indique que limiter le réchauffement à 1,5 °C nécessite que les émissions mondiales de gaz à effet de serre diminuent de 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d’ici 2030 et atteignent zéro émission nette vers 2050.
Contributions Déterminées au niveau National et mécanismes de mise en œuvre
Cadre des CDN et engagements actuels
Les contributions déterminées au niveau national représentent le cœur opérationnel de l’Accord de Paris, établissant les engagements climatiques spécifiques de chaque pays et créant des mécanismes pour accroître l’ambition au fil du temps. Ces contributions incarnent les efforts visant à réduire les émissions nationales et à s’adapter aux impacts climatiques, tous les 195 participants devant préparer, communiquer et maintenir des CDN décrivant leurs objectifs prévus.
Le cadre établit des principes clés, notamment que les CDN doivent représenter des « efforts ambitieux » et démontrer une « progression dans le temps » grâce au mécanisme de révision progressive, exigeant une ambition accrue tous les cinq ans. Les évaluations actuelles des CDN révèlent des écarts importants, les engagements des pays représentant plus de 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre n’atteignant qu’une réduction collective de 14 % d’ici 2030. Cela reste bien en deçà des 43 % nécessaires pour l’objectif de 1,5 °C, indiquant que même une mise en œuvre complète des CDN actuelles entraînerait un réchauffement d’environ 2,7 °C d’ici 2100.
De nombreuses CDN contiennent des composantes conditionnelles et inconditionnelles, les objectifs conditionnels dépendant du soutien financier international, de l’assistance technique ou d’une ambition mondiale accrue. Cette structure reconnaît les contraintes de capacité des pays en développement tout en créant des opportunités d’action à grande échelle grâce à la coopération internationale et au financement climatique.
Bilan mondial et évaluation des progrès
Le Bilan mondial sert de principal mécanisme pour évaluer les progrès collectifs vers les objectifs de l’Accord de Paris, le premier examen complet réalisé en 2023 révélant des progrès insuffisants dans les domaines de l’atténuation, de l’adaptation et du soutien à la mise en œuvre. L’évaluation a identifié des besoins critiques, notamment l’inversion de la courbe des émissions mondiales d’ici 2025, des mesures d’adaptation renforcées, une mobilisation accrue des financements climatiques et un renforcement de la coopération internationale.
Les cadres de transparence exigent que les pays soumettent des Rapports de Transparence Biennaux fournissant des inventaires détaillés de gaz à effet de serre et des informations sur les progrès, soumis à un examen par des experts techniques internationaux. Bien qu’ils ne disposent pas de mécanismes d’exécution, ces systèmes créent des pressions de responsabilité et facilitent l’apprentissage entre pairs. Le cadre de transparence renforcé représente une avancée significative dans la gouvernance climatique internationale, permettant un suivi systématique de l’action climatique mondiale et identifiant les domaines nécessitant des efforts supplémentaires pour atteindre les ambitieux objectifs de température de l’accord.
Financement climatique, marchés du carbone et défis de mise en œuvre
Architecture du financement climatique et résultats de la COP29
Le financement climatique constitue un pilier essentiel de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, les récentes négociations de la COP29 ayant établi de nouveaux objectifs ambitieux pour soutenir les pays en développement dans leurs efforts climatiques. La conférence a abouti à un engagement historique pour que les pays développés mobilisent au moins 300 milliards de dollars par an d’ici 2035, tout en appelant tous les acteurs à contribuer à lever 1,3 billion de dollars par an pour l’action climatique mondiale.
Cela représente une évolution substantielle par rapport à l’engagement initial de 100 milliards de Copenhague, reconnaissant à la fois les besoins croissants en financement climatique et l’élargissement des sources de fonds. La nouvelle architecture met l’accent sur des mécanismes diversifiés, incluant les financements publics et privés, la réforme du financement du développement et l’amélioration de l’accès aux fonds. Cependant, l’expérience historique montre que la mise en œuvre pose des défis, avec des questions sur l’additionnalité, l’accessibilité et l’équilibre entre financement de l’atténuation et de l’adaptation. Le Fonds vert pour le climat et d’autres mécanismes multilatéraux jouent un rôle crucial, mais leur mise à l’échelle pour atteindre ces nouveaux objectifs ambitieux nécessitera une coordination sans précédent entre institutions financières internationales et acteurs privés.
Article 6, marchés du carbone et dynamique politique
La COP29 a marqué une percée historique sur la mise en œuvre de l’Article 6, établissant des cadres pour le commerce international de crédits carbone pouvant générer 250 milliards de dollars d’économies tout en doublant presque l’ambition de réduction des émissions. L’accord traite des défis techniques de longue date, notamment les mécanismes d’ajustement correspondant pour éviter le double comptage, créant des voies pour que les pays coopèrent afin d’atteindre leurs objectifs climatiques via des mécanismes de marché.
La dynamique politique influence fortement la mise en œuvre, les États-Unis constituant un exemple notable de l’impact des transitions nationales sur les engagements climatiques internationaux. Le président Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis dès son premier jour de mandat en janvier 2025, après des cycles de retrait et de réintégration précédents, soulignant la vulnérabilité du maintien d’une continuité politique. Ces changements répétés créent une incertitude pour les négociations internationales et les décisions d’investissement nationales, bien que l’action infranationale par les États et les villes ait permis de maintenir certains progrès malgré les revers de la politique fédérale. Le cas des États-Unis illustre les défis plus larges auxquels l’Accord de Paris est confronté lorsque la politique climatique manque de consensus bipartisan, pouvant affecter l’efficacité à long terme de l’action climatique internationale.
L’Accord de Paris a fondamentalement transformé la gouvernance climatique mondiale, créant des cadres de coopération internationale sans précédent tout en reconnaissant la diversité des situations nationales. Cependant, les évaluations actuelles révèlent des écarts substantiels entre les engagements collectifs et les réductions d’émissions nécessaires pour atteindre les objectifs de température. Le succès dépendra en fin de compte de l’accroissement de l’ambition dans les prochains cycles de CDN, de la mise en œuvre effective des nouveaux engagements en matière de financement climatique et d’un engagement politique soutenu dans les principaux pays émetteurs. Les solutions avancées de données ESG et les méthodologies scientifiques seront essentielles pour suivre les progrès, identifier les lacunes de mise en œuvre et soutenir l’élaboration de politiques fondées sur des preuves, tandis que la communauté internationale s’efforce de combler l’écart d’ambition et d’atteindre les objectifs climatiques transformateurs de l’accord.
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